Ça commence toujours de la même manière. ́
Cette date, c’est celle à laquelle ma sœur jumelle, a décidé qu’il était temps de nous quitter.
Cette date c’est celle de son suicide.
Cette date, c’est la date qui marque le début de mon récit.
Paradoxalement, c’est la fin d’une histoire qui marque le début d’une autre ; que je vais vous raconter.
Zoé, c’était son prénom, n’a jamais voulu être là, et pourtant moi, j’ai toujours eu cette rage de vivre. Malgré tout, elle est parvenue à me l’ôter pendant quelques années. Parce que oui, pourquoi moi je vis ? pourquoi je vieillis ? c’est difficile à comprendre une telle injustice, et cette injustice réussissait à prendre le dessus.
Ce travail mélange textes, natures mortes, autoportraits et archives. Les dialogues entre mediums et techniques sont cruciaux et Ce qui reste se déploie en différents chapitres successifs. La mise en scène de certaines images est un moyen de se positionne rdans le projet, de jouer un double rôle, celui tout à la fois de la photographe et du modèle.
D’autres images viennent alimenter le récit, en témoignant des choses qui restent plus physiquement, qui marquent une présence passée, des choses mises en place plus instinctivement pour garder une trace d’elle ou encore une collection visuelle presque obsessionnelle .
L’usage d’archives permet de poser un contexte bien sûr mais surtout de plonger au cœur du sujet. Toutes ces images sont puisées dans les photographies familialles. Recadrées, elles soulignent le lien sans dévoiler nos visages.
Sorte de journal intime, un récit introspectif dans lequel sont dévoilées ces sept années passées sans Zoé.
Ma vie après elle, ce qui reste.
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